Lundi 24 décembre 2007 1 24 /12 /Déc /2007 23:59
Noël. C'est la fête. Une fête païenne qui, comme toutes les fêtes païennes, fut récupérées par l'Eglise pour en faire la fête des fêtes : la naissance d'un charpentier mort crucifié comme tant d'autres hommes par un empire romain agonisant.
La religion est l'opium du peuple, disait Marx. Alors que l'opium -aujourd'hui héroïne- est accessible à tous, la religion chrétienne tend à disparaître. Quoique, avec notre chanoîne... Passons.
Dans ce cas, quelle substance hallucinatoire remplace l'opium dans la bourgeoisie capitaliste ? La Bourse.
Ce n'est pourtant pas une lutte des classes. Simplement un nivellement vers le bas.
Noël. Fête du capitalisme libéral.

Qu'ils doivent être heureux les petits coréens de fabriquer les jouets à GHB des petits européens et américains. Et qu'ils doivent être heureux au Pôle Nord d'avoir été délocalisés en Asie !
Je ne parles pas des écologistes. Ils sont contents. Tout est vert et rouge.
Vert, c'est leur couleur. Grâce à leur prévenance, tout le monde peut faire s'essoufler la fée électricité avec de grandes guirlandes lumineuses devant nos chaumières !
Rouge, c'est la couleur de Coca-Cola. Si le Père Noël est rouge, c'est parce que Coca-Cola l'a mis en rouge. Il était Vert, avant. Tiens, lui aussi. Faut dire que les rennes, ça bouffe pas trop au cent.
Sous les sapins, les oranges ont été remplacés par de gros paquets multicolores. Chacun pourra dire "Super ! J'ai eu ma nouvelle paire de Nike, je serais pas un bouffon !"

Ne vous inquiètez donc pas : si vous n'avez pas reçu la télévision que vous vouliez, vous pourrez toujours aller échanger le cadeau de la tante Marthe contre espèce sonnante et trébuchante, qui ne restera pas longtemps dans votre poche. Aussitôt acquis, aussitôt dépensé dans le bel écran plasma à quarante millions de couleurs, intensité des noirs (depuis quand il y en a plusieurs ?), garanti douze mois ou vingt-quatre si vous ajoutez 10 % du prix initial d'achat. Et si vous avez raté le coche, les soldes sont là pour vous sauver dès janvier.
Noël. Bel esprit de la fête.
N'oubliez pas, en sortant du magasin, de passer devant les mendiants puants et crachants avec un air hautain et de ne pas les remarquer. N'ayez pas peur si l'un d'eux vous agresse en quémandant une piecette. Le froid l'a engourdi, il vous suffit de le repousser d'un geste de la main. Il vous aura gâché la journée, mais ne vous inquiétez pas : demain, il ne sera plus là.
Noël. Passez-le au coin du feu, avec votre famille, déballez vos cadeaux et mangez à vous en faire exploser la panse.

Joyeux Noël.


Pour votre culture, et bien montrer que je ne dis pas n'importe quoi, un petit lien fort interessant :
La véritable histoire du Père Noël
Par William Engels - Publié dans : Chroniques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

... [populus Romanus] qui dabat olim
imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se
continet atque duas tantum res anxius optat,
PANEM ET CIRCENSES.

... [le peuple romain] qui distribuait autrefois
pleins pouvoirs, faisceaux, légions, tout, maintenant
se replie sur lui-même et ne s’inquiète plus que pour les deux choses qu’il souhaite :
DU PAIN ET DES JEUX.

 (Juvénal, Satires, 10, 78-81)

Catégories

Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Images Aléatoires

  • Baudelaire.jpg
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus