Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 01:24


Il y a peu, Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, expliquait sur BFM TV que les étudiants "grévistes" (je rappelle tout de même que les étudiants ne sont pas salariés, ils n'ont normalement aucun droit de grève, donc aucune voix) ne savent pas pourquoi ils manifestent, et qu'ils n'ont pas lu le texte de loi.

Alors, pour ceux qui seraient idiots, je vais vous le lire, ce projet de loi, d'après une source sûre : http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr, le site consacré à la réforme !

Premièrement, le conseil d'administration comprendra désormais "7 à 8 personnalités exterieures", dont 3 représentants des collectivités territoriales : un du conseil régional, et "au moins un chef d'entreprise ou cadre dirigeant d'entreprise". Est-ce une bonne idée de faire entrer l'entreprise à l'université ? Surtout que ce même conseil d'administration sera "compétent pour la création des unités de formation" et proposera les écoles internes à l'université.

A propos, le président sera désormais élu par les membres élus du conseil d'administration en étant choisi "à l'intérieur ou hors de l'établissement". Encore une fois, pour une plus grande ouverture. C'est ce même président qui choisira quelle entreprise il fait entrer au conseil d'administration, même s'il doit l'approbation du conseil d'administration.

Le conseil d'administration pourra "moduler les obligations de service des enseignants-chercheurs", y compris des "tâches administratives". C'est bien de voir son prof à bac+8 se retrouver comme secrétaire par manque de personnel administratif, je trouve. Bien entendu, des primes seront attribuées à ces superbes enseignants-chercheurs-secrétaires les plus méritants. Et ne vous inquiétez pas, en cas de grave pénurie de personnel, même les étudiants pourront être recrutés "sur des critères académiques et sociaux" pour des missions de tutorat ou de service en bibliothèque.

Mais le meilleur est, je trouve, l'idée du partenariat, qui, dans le but de "diversifier les ressources" prévoit la mise en place de fondations partenariales réunissant les universités et des organismes privés ou publics. Bien entendu, tout don à l'université est accompagné de réductions fiscales pour l'entreprise.

C'est pas beau la vie avec cette nouvelle loi ?

La réponse, en image : Vidéo 1

Et, le summum de la propagande :
Vidéo 2
Attention ! Tous les étudiants bloquant les universités sont des radicaux, des khmers rouges, des militants d'extrême-gauche, membres de SUD Etudiant ! Ne vous en approchez surtout pas !

Pour être équitable, l'interview de Mme Pécresse par Le Parisien :
Vidéo 3
Il est bien dit que le conseil d'administration restera seul juge... Comment une entreprise pourra-t'elle dans ces conditions être à la fois juge et partie ? C'est absurde, n'est-ce pas ?

Par William Engels - Publié dans : Actualité
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

je suis d'accord avec tout ce que tu viens d'écrire par contre il serait de bon ton de la part des étudiants de dire que sans cette loi l'université reçoit déjà de la tune privée en louant notament des étudiants en socio à des boites comme renault. Il serait de bon ton vu que ça existe déjà de montrer à une toute petite échelle les dégats que ça engendre quand une entreprise "s'occupe" de l'université.
Commentaire n°1 posté par nawa le 28/11/2007 à 08h36
Je ne suis pas fondamentalement contre "l'insertion" des entreprises dans l'université, si cela reste du mécénat. Je sais que les chercheurs veulent le plus souvent rester autonome. 
Les professeurs de chimie fabriquaient il y a quelques années (il est sans doute de même aujourd'hui) des solutions lors de leurs formations. Ces solutions leur servait d'évaluation de leur travail, ou simplement d'exercice. Toutefois, certaines industries chimiques récupéraient chacune de ces solutions afin de les tester... dans quel but, mes sources sont muettes là dessus.
Je n'ai donc pas forcément d'opposition au financement partiel par les entreprises, mais j'en ai une énorme sur l'influence que possède alors l'entreprise vis à vis de l'université, surtout si elles entrent au Conseil d'Administration. Il faut impérativement poser des limites, qui ne sont malheureusement même pas effleurées dans le texte de loi.
Réponse de William Engels le 03/12/2007 à 21h04

Présentation

... [populus Romanus] qui dabat olim
imperium, fasces, legiones, omnia, nunc se
continet atque duas tantum res anxius optat,
PANEM ET CIRCENSES.

... [le peuple romain] qui distribuait autrefois
pleins pouvoirs, faisceaux, légions, tout, maintenant
se replie sur lui-même et ne s’inquiète plus que pour les deux choses qu’il souhaite :
DU PAIN ET DES JEUX.

 (Juvénal, Satires, 10, 78-81)

Catégories

Flux RSS

  • Flux RSS des articles

Images Aléatoires

  • Baudelaire.jpg
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus